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Existence actuelle de l’auto train en France

Oubliez les trains de nuit où l’on chargeait sa voiture comme un bagage de luxe. Depuis décembre 2019, le service auto-train à la française n’est plus qu’un souvenir. La SNCF a choisi de tourner la page, citant une fréquentation en chute libre et des coûts jugés insupportables. Ceux qui rêvent encore de faire voyager leur véhicule par rail sur de longues distances doivent désormais chercher ailleurs, souvent vers le privé ou au-delà des frontières.

Cette disparition soulève une question simple : quelle place reste-t-il à cette solution dans une politique de mobilité qui se veut responsable ? Les offres actuelles, fragmentées et éphémères, ne suffisent plus à satisfaire la demande, bien réelle, qui existait jusqu’à la fin du service.

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L’auto-train en France : histoire, principe et évolution

L’année 1957 marque un tournant. La SNCF lance une innovation : le service auto-train. L’idée est limpide : permettre aux voyageurs d’expédier leur voiture ou leur moto à bord d’un train, pour la récupérer à destination, sans avoir à traverser la France au volant. Depuis Paris Bercy, chaque été, des wagons spéciaux emmenaient des milliers de véhicules vers le sud : Marseille, Toulon, Saint-Raphaël, Fréjus, Avignon, Nice, Perpignan. La nuit, le train filait pendant que les passagers dormaient.

Ce service auto-train SNCF répondait à deux besoins majeurs : voyager loin sans s’épuiser, et limiter l’impact environnemental des déplacements en voiture. À son apogée, il transportait jusqu’à 50 000 véhicules par an. Un exploit logistique autant qu’un symbole de mobilité intelligente.

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Mais les vents ont tourné. La concurrence des locations de voitures, l’essor de l’autoroute, le vieillissement des voyageurs fidèles et des habitudes qui changent… Tout cela a pesé. Ajoutez à cela des pertes financières qui se creusaient : la SNCF a fini par trancher. En 2019, rideau sur l’auto-train. Salariés sur le carreau, usagers stupéfaits. Et la contestation a surgi. Associations, syndicats, élus : beaucoup ont dénoncé la disparition d’une solution en phase avec les enjeux du rail et de la transition écologique.

Année de lancement Arrêt du service Principales gares desservies
1957 2019 Paris Bercy, Marseille, Toulon, Saint-Raphaël, Fréjus, Avignon, Nice, Perpignan

Existe-t-il encore des solutions pour voyager avec sa voiture en train aujourd’hui ?

Depuis la fin du service auto-train SNCF, ceux qui espèrent expédier leur voiture, leur véhicule sur longue distance par rail en France se retrouvent sans alternative ferroviaire nationale. La SNCF a orienté les clients vers la route, via un partenariat avec Hiflow (ex-Expedicars), une plateforme spécialisée dans le transport de véhicules. Plusieurs formules sont proposées :

  • convoyage assuré par un particulier,
  • transport pris en charge par un chauffeur professionnel,
  • acheminement du véhicule sur camion.

Ces solutions, souvent plus coûteuses que l’ancien auto-train, n’offrent pas l’avantage environnemental du rail. Le recours massif à la route aggrave le bilan carbone et dénature l’esprit du service initial.

Pour ceux qui veulent un transport ferroviaire de véhicules, il reste quelques options à l’étranger. L’ÖBB Nightjet, compagnie autrichienne, continue de faire circuler des auto-trains entre certaines villes :

  • Zürich – Graz
  • Zürich – Zagreb
  • Vienne – Brégence
  • Bratislava – Split

Ces trajets ne sont pas pensés pour la clientèle française, mais ils existent encore, à la marge.

Pour traverser la Manche, Eurotunnel Le Shuttle relie Calais à Folkestone. Ici, on embarque directement sa voiture sur le train, pour un passage express sous la mer.

Côté français, rien de comparable. Les associations d’usagers le rappellent : le transport de véhicules par rail, c’est une mobilité choisie, moins de camions sur les routes, un geste pour l’environnement. Pourtant, impossible aujourd’hui de joindre deux grandes villes françaises en train avec sa propre voiture.

Jeune femme chargeant sa voiture sur une plateforme de train

Vacances, environnement, praticité : pourquoi l’auto-train suscite toujours l’intérêt des voyageurs

La nostalgie de l’auto-train n’a rien d’un caprice ou d’un simple réflexe. Pour beaucoup de voyageurs, pouvoir charger sa voiture à Paris Bercy et la retrouver quelques heures plus tard à Marseille ou Saint-Raphaël représentait une forme de liberté. Voyager de nuit, s’épargner les kilomètres et la fatigue, arriver reposé, prêt à profiter de ses vacances : voilà ce que permettait ce service unique.

L’argument environnemental ne cesse de prendre de l’ampleur. Les collectifs comme la FNAUT ou AUTAUT rappellent que le transport voiture-train limitait drastiquement les émissions de CO₂, réduisait le bruit et soulageait les routes. Supprimé en 2019 par la SNCF, il incarnait une mobilité adaptée à la transition écologique, souvent citée par les pouvoirs publics, mais pas suivie dans les faits.

Côté usage, l’auto-train offrait des avantages concrets :

  • La possibilité de circuler librement sur place, sans dépendre des locations ou du covoiturage,
  • La suppression de la fatigue liée aux longs trajets sur autoroute,
  • La gestion facile de bagages encombrants ou d’équipements familiaux.

Depuis l’arrêt du service, le vide laissé n’a pas été comblé. Ni le transport par Hiflow, ni les offres européennes ne parviennent à répondre à cette demande. Les pétitions, les interventions de parlementaires, les actions des associations comme AUTAUT témoignent d’une envie intacte pour ce mode de mobilité ferroviaire. Le train sans sa voiture ? Pour beaucoup, cela reste une équation incomplète. Qui, demain, réinventera la solution ?